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Pour un patriotisme ouvert

Marianne J’ai vécu à New York, à la fin des années quatre-vingt dix, la ferveur des Américains défilant derrière la bannière étoilée, lors de la fête nationale du 4 juillet. Dans leur diversité, les citoyens des Etats-Unis savent affirmer la fierté d’être ce qu’ils sont.

En France, j’ai le sentiment qu’il faut parfois s’excuser d’être patriote, tant l’on est alors soupçonné de chauvinisme étroit ou de xénophobie rampante. Le patriotisme est politiquement incorrect. La gauche morale, qui donne le ton des beaux esprits, n’aime rien tant que la pénitence. Ce qui est chic et bien vu, c’est dire du mal de l’histoire de France. Pour être bien-pensant, il faut être repentant.

Le président de l’AJA, Jean-Claude Hamel, en a récemment fait les frais. Parce qu’il est patriote, parce qu’il aime la France autant qu’il aime Auxerre, il a déclaré, devant une caméra de télévision, qu’il a eu « mal au cœur » lorsqu’il a entendu siffler la Marseillaise au stade de France. La réactPatriotisme_2ion de son interlocuteur ne s’est pas fait attendre : « lamentable ! ».

Ce qui est lamentable, c’est de tolérer que l’hymne national fasse l’objet de quolibets. Ce qui est lamentable, c’est que La Marseillaise ne soit pas comprise pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un chant d’émancipation, le chant d’une nation qui aspire à la liberté. Le patriotisme n’est pas un gros mot.

Car notre identité nationale n’est ni synonyme d’exclusion, ni synonyme de repli. Rappeler aux Français qu’ils ont un héritage commun et un destin partagé, c’est leur permettre de bâtir un projet collectif. A l’heure de la mondialisation et au moment où nous construisons l’Union européenne, promouvoir l’identité nationale, c’est faire œuvre de patriotisme. Un patriotisme qui refuse le nationalisme, qui refuse le communautarisme, qui refuse les identités exclusives.

Ce patriotisme ouvert, c’est la voie qui permet d’aborder avec confiance l’avenir de notre communauté nationale.

11 novembre 2008 dans Actualité, Europe, France | Lien permanent

Bizarrerie...

C'est une curiosité que je laisse méditer par les élus socialistes, communistes et verts qui dirigent les villes de l'Yonne et le conseil régional de Bourgogne.

A Dijon comme à Auxerre, la gauche critique la politique d'immigration de la France. C'est ainsi que Guy Férez, par exemple, m'a attaqué lors d'un conseil municipal en prenant la défense des étrangers en situation irrégulière, c'est-à-dire des personnes qui sont entrées en France clandestinement ou s'y maintiennent illégalement.

A Bruxelles et à Strasbourg, la gauche approuve cette même politique d'immigration. Au Parlement européen, en effet, 91% des députés socialistes français présents ont approuvé les conclusions du dernier Conseil européen - y compris le Pacte européen sur l'immigration et l'asile, adopté à l'unanimité des 27 Gouvernements européens, proposé par la France.

Bizarre !


09 novembre 2008 dans Actualité, Europe, France, UMP et majorité présidentielle | Lien permanent

Frédéric Lefebvre à Auxerre mercredi 3 septembre

FredComme secrétaire départemental adjoint de la Fédération UMP de l'Yonne, j'organise une réunion publique à Auxerre mercredi 3 septembre à 18 heures, salle Vaulabelle.

Ce sera le moment d'un échange direct avec Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP, député des Hauts-de-Seine.

Les sujets ne manqueront pas. Revenu de solidarité active (RSA), pouvoir d'achat, actualité internationale... : Frédéric Lefebvre viendra écouter, expliquer, dialoguer.

Rendez-vous mercredi 3 septembre, à 18 heures, à Auxerre, salle Vaulabelle, 12 boulevard Vaulabelle.

Pour tout renseignement, merci d'appeler Christine Henrion à la permanence de l'UMP, tél. 03 86 51 09 43.

(La visite de Christian Estrosi a été reportée, car le député-maire de Nice accompagne le Président de la République lors d'un voyage officiel à l'étranger les mercredi 3 et jeudi 4 septembre).

29 août 2008 dans Actualité, Aillantais, Auxerre, Bourgogne, Coulangeois, Forterre, France, Puisaye, UMP et majorité présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0)

Cohérence, justice, efficacité : la nouvelle politique d’immigration de la France

Lm_2 Lue dans Le Monde du 24 avril, cette tribune du ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire, Brice Hortefeux :

"Si les diverses enquêtes d’opinion montrent que la grande majorité de nos concitoyens comprend, approuve et soutient la nouvelle politique d’immigration de la France, je suis cependant attentif aux critiques ici ou là, parfois bruyantes. Certains contestent les principes même de notre politique. D’autres - dans une construction intellectuelle bizarre et contradictoire - fustigent leur application au cas par cas, comme nous le faisons en ce moment même avec les travailleurs clandestins en grève. Dans le même mouvement, certains dénoncent notre refus des régularisations massives. D’aucuns s’élèvent contre le principe d’objectifs chiffrés ou condamnent l’existence de centres de rétention, jugeant notre politique trop répressive. Après les avoir écoutés, je veux répondre à chacun d’eux.

1) S’agissant des fondements de notre politique, j’observe qu’il n’existe plus un seul pays d’Europe qui refuse aujourd’hui de maîtriser les flux migratoires et de lutter sans relâche contre l’immigration illégale. Lorsque 1 800 immigrés clandestins sont morts en 2007 aux portes de l’Europe sur des barques de fortune, victimes de réseaux et de passeurs, faudrait-il rester les bras ballants ? Lorsque des immigrés légaux font l’effort de respecter nos lois et de suivre le parcours d’intégration, faudrait-il n’en tenir aucun compte et ne pas faire de différence avec ceux qui rentrent en France illégalement et y séjournent sans y être autorisés ? Lorsque les gouvernements des pays d’émigration eux-mêmes nous demandent de ne pas piller leurs forces vives, faudrait-il refuser de les écouter et de gérer les flux migratoires avec eux de manière concertée ? A l’évidence, pour la France comme pour tous les pays européens, la maîtrise des flux migratoires, condition du succès de l’intégration, est désormais la seule politique possible.

J’avance donc, sans a priori ni idéologie, avec trois principes simples. D’abord, la France a le droit de choisir - comme tout pays, ni plus ni moins - qui elle veut et qui elle peut accueillir sur son territoire. Ensuite, deuxième principe, l’étranger qui est accueilli légalement sur le territoire doit avoir, pour l’essentiel, les mêmes droits économiques et sociaux que les Français. Enfin, sauf situations humaines particulières, tout étranger en situation irrégulière a vocation à être reconduit dans son pays d’origine, autant que possible de manière volontaire ou s’il le faut de manière contrainte. Rien de plus républicain : la France est un État de droit et dans un État de droit, chacun doit en respecter les règles.

2) Les esprits chagrins ou mal intentionnés qui critiquent les principes de notre politique dénoncent aussi leur application au cas par cas. Quel mauvais procès ! Depuis dix mois, je n’ai cessé de demander aux préfets, sur l’ensemble du territoire national, que la situation individuelle de chaque personne étrangère soit examinée de manière la plus attentive. Dans l’immense majorité des cas, aucune dimension - sanitaire, sociale, familiale, économique - n’est ignorée. Lorsque j’ai personnellement connaissance de dysfonctionnements, je les corrige. Le 18 janvier dernier, j’ai ainsi demandé que soit régularisée la situation d’une dame turque malade âgée de 89 ans. La semaine dernière, de même, j’ai demandé qu’une femme béninoise, veuve d’un Français, bénéficie d’un titre de séjour. En quoi cela est-il critiquable ? Voudrait-on que je ne régularise personne ou que je régularise tout le monde ?

3) Ceux qui dénoncent le refus des régularisations massives ne savent pas de quoi ils parlent. Je lis dans votre éditorial du 8 avril que « plusieurs pays européens - l’Espagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas - ont trouvé des solutions pour régulariser des sans-papiers ». Je m’étonne de la légèreté de votre conjugaison tant le passé composé n’est, en réalité, que de l’imparfait : ce sont précisément ces pays qui ont aujourd’hui tous renoncé aux régularisations massives, trop conscients de l’appel d’air qu’elles engendrent. Ecoutez Giuliano Amato, ministre - socialiste - de l’intérieur du gouvernement italien, le 5 juin 2007 : « nous sommes tout à fait d’accord pour lutter contre les régularisations généralisées ».

4) Quant à ceux qui s’attaquent à « la politique du chiffre », ils redoutent peut-être l’efficacité de notre action. Oui, notre politique est efficace. Elle porte ses fruits. Pour la première fois depuis une génération, le nombre de clandestins a diminué en France en 2007, connaissant même une baisse de 6%. Au total, ce sont près de 110 000 clandestins qui ont quitté la France depuis 2002.

Simultanément, nous luttons sans relâche contre les esclavagistes de notre temps qui exploitent la misère des candidats à l’immigration clandestine. 1 564 employeurs de clandestins ont été interpellés en 2007, contre 1 077 en 2006, soit une augmentation de +45%. 96 filières ont été démantelées et 684 marchands de sommeil ont été arrêtés, soit une hausse de +15%.

Que l’on se rassure : nous ne sommes pas des ayatollahs du chiffre ! Mais s’y référer a le mérite de constituer un triple signal : un signal adressé à ceux qui, arrivés légalement sur notre territoire, respectent nos règles et nos valeurs et doivent se sentir protégés, un signal aussi à ceux qui seraient tentés de se rendre en France de manière clandestine comme à ceux, réseaux et passeurs, qui font de la misère humaine un juteux fonds de commerce.

5) S’agissant des centres de rétention administrative, je rappelle que les premiers ont été ouverts en 1984, lorsque les socialistes et communistes étaient au pouvoir.

Les CRA existent aujourd’hui quasiment dans toute l’Europe et s’ils n’existaient pas, l’alternative serait la prison comme c’est déjà le cas ailleurs dans le monde. Faut-il rappeler que la rétention administrative peut s’interrompre à tout moment si l’intéressé manifeste son désir de rentrer par lui-même dans son pays d’origine, le cas échéant avec le bénéfice d’une aide au retour ?

J’ajoute que la personne retenue qui séjourne en moyenne 12 jours en CRA bénéfice de conditions de vie beaucoup plus libérales que celles d’un détenu : droit de visite étendu, possibilité de téléphoner à l’extérieur, absence d’enfermement en cellule... De plus, mon ministère consacre cette année encore 3,88 millions d’euros pour financer la présence d’une association, la Cimade, au sein des centres de rétention. Le commissaire pour les droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, m’a d’ailleurs récemment fait part de sa satisfaction quant aux conditions de rétention qui sont parmi les meilleures d’Europe.

6) Certains fustigent, enfin, une politique jugée trop répressive. Pourtant, dès ma prise de fonctions, j’ai demandé expressément à ce qu’il n’y ait pas de contrôle aux faciès. J’ai, par ailleurs, exigé qu’il n’y ait pas d’interpellation à la sortie des écoles. Je ne suis pas dupe des amalgames que certains voudraient mettre en scène. Quelle est cette méthode ignoble qui consiste à imputer la mort d’immigrés clandestins à la police alors que celle-ci était présente sur les lieux du drame pour de toutes autres raisons que la lutte contre l’immigration irrégulière ? Je pense à cette ressortissante chinoise, qui s’est tuée en novembre dernier alors que des policiers étaient venus remettre une convocation judiciaire au marchand de sommeil chez qui elle était hébergée. Je pense encore à ce jeune Malien qui s’est jeté voici plusieurs jours dans la Marne alors qu’il tentait de se soustraire à un contrôle occasionné par la vérification d’un titre de transport. En suscitant la confusion à partir de ces drames, les bien-pensants alimentent une psychose que la seule exigence du respect de la loi ne justifie certes pas.

En devenant ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire dans le gouvernement de François Fillon, je savais que ma tâche serait difficile. Ce nouveau ministère est sans doute l’un des plus sensibles du Gouvernement. Il est sensible parce que, plus que tout autre, il touche à l’être humain, trace un destin commun et dessine l’avenir de notre communauté nationale. Il affirme sa dimension européenne et sa volonté d’un développement solidaire.

Je ne suis ni sourd, ni aveugle. J’entends les critiques et lis les articles. Je partage l’émotion. Qui peut croire que sur un sujet aussi délicat parce qu’il touche à l’équilibre de notre société, il n’y ait que des certitudes et aucune interrogation ? Pas un jour ne se passe sans que je me pose la question : notre action est-elle juste ? Chaque matin, je m’interroge et chaque soir, je repars avec la même conviction. Au-delà des mots, de l’incantation et des postures collectives aussi généreuses qu’elles n’entrainent aucune conséquence individuelle pour ceux qui pratiquent l’insulte ad hominem, j’affirme que la nouvelle politique d’immigration de la France, dont le Président de la République est à l’initiative, est la seule possible et responsable. Elle trouve sa cohérence dans sa triple vérité : elle est à la fois nécessaire, efficace et équilibrée."

28 avril 2008 dans Actualité, France | Lien permanent | Commentaires (0)

L'alliance n'est pas l'alignement

Je suis né en 1977. C'était il y a plus de trente ans. Et c'était plus de trente ans après la libération de la France par l'armée américaine.

Je n'ai jamais compris que l'on se méfie autant, en France, de nos premiers alliés. Face aux plus grands périls du XXème siècle (le nazisme avant-hier, le communisme hier), les Etats-Unis ont évidemment été nos amis les plus sûrs.

 

L'anti-américanisme est une bizarrerie. Emportés par le romantisme de "l'exception française", certains ont confondu l'indépendance nationale avec le refus de l'alliance occidentale.

 

Il est temps d'en finir, pour retrouver un principe simple des relations internationales : l'alliance n'est pas l'alignement.

 

Aujourd'hui, si la France réussit à relancer le beau projet d'Europe de la défense, et si elle y consent les moyens nécessaires, elle peut définir les termes d'un nouveau contrat transatlantique.

 

C'est ce que j'avais à l'esprit en écrivant dans les colonnes du Figaro, à l'automne 2004, un article que je diffuse aujourd'hui sur mon blog.

 

Téléchargement LeFigaro_NCT.pdf

Figaro_2

09 avril 2008 dans Actualité, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (1)

Les leçons d'une élection

Lu sous la plume du Président Giscard d'Estaing :

"Les élections qui ont eu lieu en Espagne, et en France, ont donné un signal encourageant de modération. On nous a épargné, pour la première fois, les clameurs de triomphe des vainqueurs, et les gémissements des perdants. Les violences verbales des extrémistes, de gauche et de droite, ont moins encombré les plateaux sonores.
Vge
On dirait que les électeurs ont voulu donner une leçon de modération, en faisant taire les extrêmes, et en recherchant une réponse pratique aux deux questions qui se posent à la société politique française : la gauche peut-elle devenir capable de gérer l’économie de marché ? Et la droite peut-elle réussir les réformes dont notre pays à impérieusement besoin, sans provoquer des convulsions sociales ?

Les couleurs ont changé sur la palette politique : le rouge est devenu rose, et le bleu-roi s’est rapproché du bleu-azur, car la droite a bougé en direction du centre droit.

Quant à la politique dite d’ouverture, elle a favorisé le vote à gauche, car les électeurs ont réfléchi que si on avait besoin d’aller chercher des personnalités de gauche, c’est qu’on pouvait leur faire confiance. L’élément négatif a été le taux record d’abstention, qui traduit le désamorçage de la démocratie élective.

C’est au Chef du gouvernement espagnol, Jose Luiz Zapatero, que revient la palme du meilleur mot :
« quant vous recueillez plus de voix et que vous gagnez plus de sièges, vous devez mieux gouverner ! ». Du Confucius en castillan…."

20 mars 2008 dans Actualité, UMP et majorité présidentielle | Lien permanent | Commentaires (2)

Aimez-vous Brahms ?

P1000122_2 C'est la question que posait autrefois Françoise Sagan. J'y songeais, ce soir, en écoutant les quartettes pour piano, qu'une main inspirée m'a apportés à Noël. Renversant ! Je termine 2007 sur cette note musicale. Et je pars pour quatre jours à Nice, nager et respirer l'air de la mer, avant de retrouver Paris et Auxerre. A bientôt.Aimezvous

28 décembre 2007 dans Actualité, France | Lien permanent | Commentaires (1)

L'aveu de Commynes

Commynes"Je me suis souvent repenti d'avoir parlé, mais jamais de m'être tu." L'aveu de Commynes pourrait utilement inspirer les amateurs de "petites phrases".

26 décembre 2007 dans Actualité, France | Lien permanent | Commentaires (1)

L'horizon de l'identité nationale

Je vous livre ces trois phrases de Malraux : "Il y a des peuples qui ne sont jamais plus grands que lorsqu'ils se replient sur eux-mêmes. Et il y en a d'autres qui ne sont grands que lorsqu'ils le sont pour tous les hommes. Sur toutes les routes de l'Orient, il y a des tombes de chevaliers français ; sur toutes les routes de la Révolution, il y a des tombes de soldats français."

Drapeaux


Grandiloquence ? Certes. Mais ce que dit Malraux, au-delà de l'emphase, c'est le besoin d'horizon.


Ce n'est pas une singularité française. Les Américains, les Britanniques, eux aussi - et souvent mieux que nous - regardent vers le grand large.

La vocation française, ce n'est pas le repli. C'est l'ouverture, dans la fidélité à une histoire. Les chevaliers se sont lancés sur les routes d'Orient avec confiance, car ils savaient d'où ils venaient, qui ils étaient.

13 décembre 2007 dans Actualité, France | Lien permanent | Commentaires (1)

Immigration : lettre aux évêques

La Croix, ce matin, publie une lettre du ministre de l'immigration aux évêques de France. C'est un message qui témoigne du dialogue permanent entretenu avec les chrétiens.


Je le sais : la situation des immigrés est, trop souvent, douloureuse. Nombreux sont ceux qui, arrivant en France, vivent dans la précarité.

Mais, précisément, faut-il compliquer leur situation en ouvrant les frontières à tout va ? Faut-il, alors que la France manque de logements, faire comme si l’harmonie sociale n’était qu’une question de bonne volonté ? Une générosité hâtive peut être lourde de conséquences.

 Pour que les réfugiés puissent être accueillis dignement, pour que les migrants légaux aient la capacité de s’intégrer à la communauté nationale, l’Etat doit conduire une politique d’immigration équilibrée et cohérente. C’est la responsabilité que m’ont confiée le Président de la République et le Premier ministre.

Une2 Bien sûr, respecter le droit d’asile est un devoir. La France honore ses engagements, puisqu’elle a reçu près de 40 000 demandes d’asile l’année dernière, ce qui la place au premier rang des pays de l’Union européenne. Près de 125 000 personnes bénéficient aujourd’hui, dans notre pays, du statut de réfugié. Nous remplissons d’autant mieux notre devoir d’accueil que nous luttons contre les détournements de procédure. 

Il faut, dès lors, adresser un message clair aux candidats à l’émigration, en leur démontrant que la clandestinité est une voie sans issue. Il faut, aussi, organiser l’immigration légale, en concertation avec les pays d’origine. Il faut, dans le même temps, travailler à l’intégration des immigrés légaux à notre communauté nationale. Il faut, surtout, en amont, aider au développement des pays d’origine de l’émigration, par une politique active et responsable. Ce sont là les grandes lignes de mon action. 

La clarté à l’égard de l’immigration clandestine est nécessaire dans l’intérêt même des migrants. Une personne « sans papiers » enfreint la loi, mais elle est souvent une victime, cible d’employeurs sans scrupules, après avoir été celle de passeurs sans vergogne. Ma responsabilité est de combattre les esclavagistes de notre temps. Lorsque les forces de police et de gendarmerie arrêtent, depuis le début de l’année, 3 500 passeurs et 600 marchands de sommeil, ce sont des milliers d’étrangers qui se trouvent libérés.

Nous devons aussi tout faire pour intégrer les immigrés légaux à la communauté nationale, en favorisant leur accès au marché du travail et leur apprentissage de la langue française. C’est dans cette perspective que j’ai fait voter la loi du 20 novembre 2007 réformant la procédure du regroupement familial. Comment une famille étrangère arrivant en France pourrait-elle s’intégrer si les parents ne peuvent s’exprimer en français et s’ils sont privés d’un logement décent ?

Il nous appartient, plus encore, de répondre au défi du développement des pays d’émigration : c’est la seule solution pour maîtriser, durablement, les flux migratoires. A l’évidence,  la pression de l’immigration clandestine qui s’exerce sur le Nord se nourrit des déséquilibres du Sud. Comment redonner à la jeunesse d’Afrique confiance en elle-même, pour la convaincre de construire son avenir en dehors de l’émigration ? Nous voulons commencer par établir un vrai dialogue, sans faux-semblants, avec les pays d’émigration. C’est tout le sens des accords que nous venons de conclure avec le Sénégal, le Gabon, le Congo et le Bénin, et que je prépare avec les autres Etats africains. Pour la première fois, la politique d’immigration de la France est définie en concertation avec les pays d’origine.

Je souhaite, enfin, rappeler que le destin de la France ne s’écrit pas sur une page blanche. L’identité de notre nation est l’héritage d’une histoire. Oui, nous sommes les dépositaires d'un patrimoine de valeurs spirituelles que la morale laïque a incorporées. Le dire aux étrangers qui résident aujourd’hui dans notre pays, c’est les inviter à ne pas rester prisonniers de leurs communautés. Et c’est les inviter à rejoindre notre communauté nationale.


 


13 décembre 2007 dans Actualité, France | Lien permanent | Commentaires (0)