Sans polémique, mais dans un esprit de responsabilité, je poursuis l'analyse des finances de la ville d'Auxerre. Le maire a répondu à ma lettre du 1er octobre. Les chiffres communiqués m'ont permis de préparer cette tribune du groupe "Auxerre Ensemble" :
"Nous sommes les conseillers municipaux de l'opposition. Cela ne signifie pas que nous combattions systématiquement toutes les initiatives du maire d'Auxerre. Mais nous avons un devoir de vigilance et d'alerte, afin qu'aucune question intéressant les Auxerrois ne soit laissée dans l'ombre.
C'est pourquoi nous avons lancé un débat sur l'endettement de la ville d'Auxerre, pour que les chiffres soient connus des habitants. La dette était de 31 millions d'euros en 2005. Au 1er janvier 2008, elle s'élevait à 51 millions d'euros. En trois ans, la dette d'Auxerre a donc augmenté de 64%.
Nous posons trois questions au maire d'Auxerre.
Première question : pourquoi a-t-il fait le choix de l'endettement ? Chacun sait, dans un ménage comme dans une ville, que l'emprunt peut être justifié pour investir. Il est vrai que des équipements importants sont sortis de terre. Mais ils ont été fortement subventionnés, par l'Etat, la Région, le Département. Et, surtout, le maire investit moins qu'il ne le dit. L'année dernière, le taux de réalisation des dépenses d'investissement n'a été que de 64%. Cela signifie qu'un tiers des équipements qui devaient être réalisés ne l'ont pas été.
Deuxième question : pourquoi le maire a-t-il choisi de recourir largement, notamment auprès de la banque DEXIA, à des prêts à taux variables, qui comportent des risques importants ? Plus de 20 millions d'euros – c'est-à-dire 40% de la dette d'Auxerre – sont constitués de prêts à taux variables contractés depuis 2003, indexés sur les taux EONIA et EURIBOR du marché interbancaire. Ces taux ont plus que doublé depuis trois ans, accroissant la charge de la dette qui pèse sur les Auxerrois. En recourant massivement à des prêts à taux variables, la municipalité socialiste a fait un choix hasardeux. Elle doit maintenant payer des charges d'intérêt élevées.
Troisième question : quelles conséquences aura, demain, cette politique d'endettement ? Guy Ferez a d'ores et déjà annoncé que 2009 sera l'année de « l'emprunt zéro ». A quelles dépenses, à quels équipements, à quels projets l'équipe municipale va-t-elle renoncer ? Quel sera le prix à payer par les entreprises locales ? Quel sera l'impact sur le développement économique de notre ville ? Le maire prépare-t-il, en réalité, une augmentation des impôts ?
Autant de questions importantes auxquelles Guy Férez doit aujourd'hui répondre, pour dire la vérité aux Auxerrois."