Lors du Conseil municipal d'Auxerre, vendredi 16 mai, j'ai proposé un plan d'action municipale pour assurer la tranquillité des Auxerrois, au nom du groupe "Auxerre Ensemble".
La diminution de la délinquance dans l'Yonne est d'abord le résultat de la politique de fermeté conduite par le Gouvernement depuis 2002.
Mais il faut s'interroger sur ce qui semble être une « exception auxerroise ».
La délinquance a moins diminué à Auxerre que dans les autres villes de l'Yonne.
Les chiffres sont très clairs :
• Auxerre : -4% en 2007
• Sens : -14%
• Yonne (zone police) : - 8,7%
Le nombre des mineurs mis en cause par la police a tendance à augmenter à Auxerre, contrairement aux autres villes du département.
• Auxerre : +1,75% en 2007
• Sens : -10%
• Yonne (zone police) : - 4%
Très concrètement, à Auxerre, en 2007, ce sont 232 mineurs qui ont été mis en cause par la police.
Cette réalité appelle une plus grande implication de la municipalité, dans le cadre du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. Nous en avons débattu au sein du groupe « Auxerre Ensemble » et nous avons proposé à l'équipe municipale un plan d’action pour la tranquillité des Auxerrois, autour de trois axes.
Premier axe : une mobilisation de la police municipale.
Il est très rare qu’une police municipale se mette en grève, comme cela a été le cas à Auxerre ces derniers jours. Cela dénote un vrai malaise.
Il faut remotiver la police municipale, lui fixer des objectifs clairs, la faire travailler en bonne intelligence avec la police nationale.
Il faut sans doute, dans le cadre de la réflexion budgétaire pour 2009, envisager de pourvoir les postes vacants : la tranquillité des Auxerrois doit être une priorité budgétaire.
Deuxième axe : l’organisation, à la mairie, de « rappels à la loi » pour les jeunes qui commettent des incivilités.
La loi du 5 avril 2007 relative à la prévention de la délinquance donne au maire des pouvoirs que le maire d'Auxerre n’utilise pas.
L’article 11 de cette loi importante lui permet de convoquer à la mairie un jeune qui commet des incivilités et de lui adresser, solennellement, un rappel à la loi.
Il ne s’agit évidemment pas pour le maire, ou son adjoint à la sécurité, de se comporter en shérif ou en procureur : chacun son métier !
Mais il s’agit, pour le maire, d’indiquer solennellement au mineur que la commune n’accepte pas un comportement qui perturbe le « bien vivre ensemble ».
A mi-chemin du travail social et de l’action de lutte contre l’insécurité, le « rappel à la loi » est un instrument que nous aurions tout intérêt à utiliser à Auxerre, comme c’est déjà le cas dans de nombreuses villes en France.
Troisième axe : la mise en œuvre, ponctuelle, encadrée, de quelques caméras de vidéo-protection.
Là encore, la ville d'Auxerre dispose d’outils qui pourraient être mieux utilisés.
Le ministère de l’intérieur a créé un Fonds de prévention de la délinquance qui aide les communes à s’équiper en vidéo-protection.
Il ne s’agit évidemment pas de couvrir la ville entière de caméras ou de stigmatiser tel ou tel quartier.
Il s’agit, ponctuellement, tout particulièrement sur les parkings, de mettre en œuvre un système de vidéo-protection qui permet de dissuader et, en cas de problème, d’identifier l’auteur du délit.
Je précise que, naturellement, les libertés individuelles sont tout à fait préservées par les mécanismes de vidéo-protection : aux termes de la loi, les caméras ne sont installées qu’après une autorisation du préfet, après avis d’une commission présidée par un magistrat.
Voilà le plan d’action que j'ai proposé au nom du groupe "Auxerre Ensemble" - en pratiquant, je crois, une opposition constructive.
Commentaires